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Fonds Geneviève Calame-Griaule

Référence :
FR_9205022301_fgcalg [Fonds]
Nom du producteur :
Calame-Griaule, Geneviève
Date de création :
1946-2006
Notice biographique :

Geneviève Calame Griaule est née à Paris le 19 novembre 1924, elle est morte à Fontainebleau le 23 août 2013.

Geneviève Griaule était la fille du célèbre ethnologue Marcel Griaule dont elle a souhaité déposer les archives à la Bibliothèque Eric-de-Dampierre en 1996.

Brillante élève et passionnée par les langues, Geneviève Griaule s’est d’abord engagée dans des études de langues classiques. Elle sera reçue première à l’agrégation de grammaire en 1949. Parallèlement elle suit les enseignements d’arabe classique à l’École des Langues orientales et à la Sorbonne, elle en sortira diplômée respectivement en 1947 et 1948. Entre-temps, en 1946, elle a accompagné son père, Germaine Dieterlen et Solange de Ganay en pays dogon (dans l’actuel Mali) pour une mission de trois mois. Durant ce premier terrain, centré sur la linguistique, elle transcrit des contes et recueille du vocabulaire en prévision de la rédaction d’un dictionnaire qui sera publié en 1968 par Klincksieck. Cette première expérience de terrain se révélera capitale et décidera de sa vocation. De retour à Paris, parallèlement à ses études classiques, elle suit les cours d’ethnographie de son père à la Sorbonne et à l’institut d’ethnographie - cours qu’elle éditera en 1958 – ainsi que les enseignements d’Emile Benveniste sur le langage indo-européen, au Collège de France.

A la fin de ses études universitaires, Geneviève Griaule enseigne durant deux années, à Marrakech en 1949, puis à Troyes en 1950. Elle gardera jusqu’à la fin de sa vie un très bon souvenir de cette brève expérience, interrompue par son entrée au CNRS en 1951. Reprenant alors ses recherches sur la langue dogon, elle effectue plusieurs missions au Mali en 1954, 1956, 1958, 1960-61, 1967, 1969 et 1970, dont deux (1956, 1958) avec le violoniste Blaise Calame qu’elle a épousé en 1950. Ensemble ils réaliseront de nombreux enregistrements sonores à partir desquels sera édité un disque sur la musique dogon.

La mort prématurée de Marcel Griaule, en 1956, l’affecte profondément mais ne la fait pas changer de cap. Non seulement elle poursuit ses missions en pays dogon, mais à partir de 1967 et jusqu’en 1978, elle élargit le champ de ses recherches et se rend à six reprises (1967, 1970, 1972, 1974, 1976-77) chez les Touareg et les Isawaghen du Niger afin d’approfondir son étude sur les conteurs et leur gestuelle.

Geneviève Calame-Griaule a été membre du Laboratoire d’anthropologie sociale jusqu’en 1969, puis de l’équipe CNRS-Inalco "Langage et culture en Afrique de l’Ouest", qu’elle dirigera de 1977 à 1989. En 1976 elle participe à la création des "Cahiers de Littérature Orale" dont elle sera, de 1984 à 2009, directeur de publication. Elle sera secrétaire générale de la Société des Africanistes de 1975 à 1988, et, à partir de 1998, présidente de l’association Classiques africains qui publie, en édition bilingue, des œuvres de la littérature orale africaine.

Geneviève Calame-Griaule est l’une des fondatrices des études françaises d’ethnolinguistique sur l’Afrique. Grâce à des travaux novateurs sur les relations entre langage, culture et société, au Mali et au Niger, elle a grandement contribué au renouvellement des études sur les contes, aussi bien les contes africains que le conte comme catégorie de la littérature orale.

Parallèlement à la recherche, Geneviève Calame-Griaule a, durant toute sa vie professionnelle, attaché beaucoup d’importance à l’enseignement. Elle sera, en particulier, chargée de conférences, de 1968 à 1976, à l’Institut National des Langues et civilisations Orientales (Responsable de l’UV de littérature africaine traditionnelle) et, à partir de 1971, à l’Université de Paris III (Responsable de l’UV d’ethnolinguistique africaine). Tout au long de sa vie elle a consacré, beaucoup de son temps et de son énergie à ceux qui lui soumettaient leur travail. Elle a ainsi encadré et formé toute une génération d’ethnolinguistes français et africains.

Principaux ouvrages et éditions scientifiques d’ouvrages :

- 2009 [1965], Ethnologie et langage : la parole chez les Dogons, Limoges : Lambert-Lucas ;

- 2006, Contes dogon du Mali, Paris : Kathala, Langues O’ (Inalco), 243 p. ;

- 2003, (en collaboration avec Michel Bohbot, Francine N’Diaye, Alain Bilot), Serrures du pays dogon, Paris : Adam Biro ;

- 2002, Contes tendres, contes cruels du Sahel nigérien, Paris : Gallimard ;

- 1991, (éd.), Le renouveau du conte / The revival of storytelling, Paris : CNRS ;

- 1992, (en collaboration avec Edmond Bernus) (éds), Mémoire de sable : écrits pour Suzy Bernus, Paris : Société des africanistes ;

- 1987, Des cauris au marché. Essais sur des contes africains, Paris : Société des Africanistes ;

- 1984, (en collaboration avec Veronika Görög-Karady, Michèle Chiche) (éds), Le Conte : pourquoi ? Comment ? = Folktales: Why and how?, Paris : Editions du CNRS ;

- 1977, (ed.), Langage et cultures africaines : essais d'ethnolinguistique, Paris : François Maspero ;

- 1975, (éd.), La mère traitresse et le tueur de dragons. Permanence et métamorphose du conte populaire, Paris : Publications Orientalistes de France ;

- 1974, (éd.), Le thème de l’arbre dans les contes. III, Paris : SELAF ;

- 1970, (éd.), Le thème de l’arbre dans les contes africains. II, Paris : SELAF ;

- 1969, Le thème de l’arbre dans les contes africains, Paris : SELAF ;

- 1968, Dictionnaire Dogon, dialecte toro. Langage et civilisation, Paris : Klincksieck ;

- 1965, Ethnologie et langage : la parole chez les Dogons, Paris : Gallimard.

Sources :

- 2013, Eric Jolly, "Ethnolinguiste, spécialiste du conte africain et des Dogon, Geneviève Calame-Griaule", Le Monde, 13 septembre ;

- 2002, Geneviève Calame-Griaule ; Praline Gay-Para, La parole du monde : parole, mythologie et contes en pays dogon (entretiens), Paris : Mercure de France ;

- 1989, Graines de parole : puissance du verbe et traditions orales. Textes offerts à Geneviève Calame-Griaule, Paris : CNRS.

Historique de l'unité :

Le fonds a été déposé, en décembre 2013, par François Calame et Laure-Marie Calame Meyer.

Modalité d'entrée :

Date d'entrée : 2013

Accessibilité :

L'accès au fonds est soumis à une autorisation préalable conditionnée par la justification d'une recherche.

Notes de contenu :

Le fonds est actuellement en cours de traitement (09/2014)

Langue (s) : fre

nigéro-congolais

Géographique :
MaliNigerRégion Sahel
Ethnonyme :
TouaregIsawaghen
Oeuvre :
Site naissanceethnologie.fr